Après 10h de réunion (4h de conférence sociale et 2x3h de groupe de travail sur les carburants), nous appelons à une prise de position politique forte.

Oui, nous avons validé la méthodologie qui consiste à faire une étude comparée des prix avec des zones du continent similaires et un réseau semblable au réseau des stations-service insulaires.
Après tout c’est, exactement, cette même méthodologie que nous avons utilisée depuis presque … 12 mois.

Oui, n’étant que de modestes citoyens, nous admettons que nos études, nos analyses ne soient pas prises pour argent comptant.

Mais, nous demandons à ce que le problème soit pris par les deux bouts!
En effet, il y a, déjà, des évidences qui ne nécessitent pas d’attendre la fin d’une nième analyse comparative.
Et, prendre position contre ces évidences est d’autant plus nécessaire que les véritables décideurs sont absents de ces réunions. On n’y trouve ni Rubis, ni Total qui comptent sur les stations-service pour les défendre.

Il est inadmissible que les pétroliers aient imposé, à la Corse, leurs carburants haut de gamme en supprimant la distribution des carburants standards.
Ces carburants sont additivés. C’est à dire qu’il y a incorporation d’un additif au carburant standard au moment du chargement des camions.
Selon une belle explication marketing, ils sont censés faire rouler plus longtemps, moins encrasser le moteur, bla-bla-bla.
Cela n’est pas sans rappeler la lessive Omo, si chère à Coluche, qui lavait plus blanc que blanc!
Mais, vous l’avez compris, ils sont surtout plus chers que les carburants standards, pourtant, présents dans les cuves des dépôts pétroliers en Corse.

Total vend en Corse comme essence uniquement du SP95 E05 excellium.
Ce carburant n’est vendu nulle part ailleurs en France! Sur le continent, Total ne distribue que du SP95 E05 standard donc moins cher.

Rubis a développé, pour la Corse et uniquement pour la Corse, un SP95-E05 ultra tec. L’ultra tec que Rubis se garde bien de distribuer dans les DOM alors qu’ils y sont fortement implantés.

De même, Total, Rubis et Esso ont choisi de distribuer en Corse uniquement leur gazole haut de gamme. Alors que sur le continent, toutes les stations vendent soit du gazole standard soit les deux.
On y note, d’ailleurs, une différence pouvant atteindre 8c€/l

types de carburants Total

types de carburants ESSO

Malgré un taux de pauvreté de 20%, alors que 30 000 Corses sont en situation de vulnérabilité énergétique liée à leurs déplacements, les pétroliers ont choisi de ne distribuer que leurs produits haut de gamme! Ces décisions n’ont pas été prises par les stations-service.

Nul besoin d’attendre les résultats d’une étude pour dénoncer cette politique de marge outrancière que permet un marché captif comme la Corse.

Il est inadmissible, après plus de 10 h de réunion, que l’on ne sache toujours pas pourquoi la Corse ne peut pas bénéficier du SP95 E10 pourtant moins taxé et donc moins cher de 2 à 3 c€/l

Nul besoin d’étude pour, d’ores et déjà, être interpellé par la situation monopolistique à laquelle aspire le groupe Rubis en Corse.
C’est une stratégie bien rodée appliquée systématique par ce groupe dans d’autres régions du monde.
En 2009, Rubis a interrogé l’autorité de la concurrence pour une entrée dans les dépôts pétroliers DPLC à hauteur de 35,5%.
Quelques mois à peine après la validation de l’autorité de la concurrence, en rachetant les parts d’Esso, Rubis y est devenu majoritaire avec 53,5 % des parts.
Les représentants de Rubis ont affirmé qu’Esso voulant vendre, dans leur grande « mansuétude », ils se sont dévoués pour acheter leurs parts.
En somme, Rubis, société du cac 40, serait la mère Thérésa du monde de l’or noir ! Ben voyons !
Le groupe Ferrandi nous a appris lors de ces réunions qu’il souhaitait, également, en 2010, acheter la participation d’Esso dans DPLC!
Cela aurait permis un équilibre, aucun des 3 actionnaires n’aurait eu la majorité.
Sauf que, profitant de sa situation d’associé, Rubis a préempté!

Comment ne peut-on pas condamner le fait que plus de 20 millions d’Euros ait été confisqués à la Corse, en à peine 8 ans, sous forme de dividendes.
Il ne s’agit pas d’une interprétation mais de la lecture directe des bilans de DPLC et de Vito Corse.
Un total de 20 salariés pour plus de 20 millions d’euros de dividendes !
Comment notre économie peut elle supporter de voir partir 2,5 millions d’euros par an?

Notre collectif a mis au jour tous ces éléments. Nous avons dû mettre une pression médiatique pour contraindre Rubis à publier les bilans de DPLC.
Nous ne demandons aucune reconnaissance. La seule chose que nous désirons, c’est qu’au nom de cette Corse qui souffre, au nom de la solidarité envers les plus fragiles d’entre nous, nos élus condamnent un système mise en place pour presser les Corses comme de vulgaires oranges.

Nous nous sommes trop impliqués par notre travail depuis de longs mois pour laisser la situation en l’état.
N’oublions pas que, suite aux énormes mouvements sociaux de 1989, il y a eu les fameuses tables rondes Prada qui n’ont débouché sur …rien !
Nous n’en sommes plus à nous demander si les choses peuvent changer, nous voulons que les choses changent.
Notre méthode basée sur le travail n’est pas un signe de faiblesse mais le terreau de notre détermination.
Et d’une façon ou d’une autre elles changeront car maintenant nous savons !
Nous allons donc passer à la vitesse supérieure et nous vous dévoilerons très prochainement notre stratégie.