Nous faisons les comparaisons entre le réseau traditionnel insulaire et celui des Bouches du Rhône. C’est-à-dire que nous retirons les stations-service low-cost et celles des grandes surfaces.

Pourquoi les Bouches du Rhône ? Parce que nous nous approvisionnons au même endroit.

De plus, il faut arrêter avec l’image d’un réseau insulaires comparable avec celui des hautes montagnes. C’est faux !

  • 83% des communes corses n’ont pas, sur leur territoire de stations-service.
  • 6,7% des communes totalisent 71,5% des stations-service.
  • Le grand Bastia, le grand Ajaccio, les plus grosses communes insulaires et les principaux axes routiers que sont les route territoriales T11, T20, T30 et T40 totalisent 83.8% des stations-insulaires.

Depuis 2014

Pour le SP95 et le gazole, les écarts ne cessent de croitre. Donc, à moins de penser que la Corse devient de plus en plus ile ou que ses routes s’inventent de nouveaux virages chaque année, il est évident que la cause de l’accroissement de l’écart est ailleurs.

Les causes structurelles (insularité, routes sinueuses) sont compensées par une TVA plus faible (13% au lieu de 20%).

En revanche, les causes conjoncturelles (mise en place d’un monopole) provoquent une augmentation de l’écart.

En 2021

  • Pour le Gazole, on conteste que l’écart augmente depuis le début d’année. Il a atteint son minimum le 19/02/21 avec 11,96 c€ HTVA et son maximum le 27/04/21 avec 14.20 c€ HTVA.

En comparant, l’évolution du prix à la pompe et de l’écart, on note que ce n’est pas quand les prix à la pompe sont les plus élevés que l’écart avec les Bouches du Rhône est le plus important.

  • Pour le SP95, on constate également que l’écart croit depuis le début d’année, il a atteint son minimum le 08/03/2021 avec 11.33 c€ HTVA et son maximum 12/07/2021 avec 13.58 c€ HTVA.

L’évolution comparée de l’écart et du prix à la pompe, montre que l’écart avec le continent se construit même quand les prix sont moins élevés.

  • Il est intéressant de mesurer l’écart par zone géographique.

Sans surprise, la Balagne et Porto Vecchio, bassins captifs, ont l’écart avec les Bouches du Rhône le plus élevé pour le gazole et le SP95. Il faut noter que l’éloignement avec les dépôts ne compte pas car le transport est un coût estimé par litre et il est identique pour toutes les stations de l’île.

En revanche, on peut noter que les stations de la plaine orientale, habituellement les moins chères, ont vu leur écart s’accroitre. Les prix se sont rapprochés de ceux pratiqués dans le Grand Bastia.

  • Il est également intéressant de comparer l’écart entre le SP95 vendu en Corse et le E10 (auquel la Corse n’a pas accès) vendu dans le réseau traditionnel dans Bouches du Rhône.

On constate que l’écart est encore plus grand qu’avec le SP95. Si nous avions du E10 vendu au même prix que dans les bouches du Rhône nous économiserions un peu plus de 14 c€/l !

Conclusion

Pour enfin faire avancer les choses et défendre l’intérêt des Corses, il faut que l’assemblée de Corse :

  1. demande la mise en place de la régulation des prix
  2. réclame que les pouvoirs publics aient un moyen de contrôle sur des équipements essentiels comme les dépôts pétroliers de la Corse en rentrant dans le capital
  3. exige au nom du principe de l’égalité des territoires que les carburants moins taxés comme le E10 et le E85 soient distribués en Corse.
  4. mette en place un observatoire INDEPENDANT pour suivre les prix mais également les marges et les revenus comme dans les outre-mer
  5. Saisisse l’Autorité de la concurrence pour qu’elle enquête sur d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles. En effet, un certain nombre de constats dressés par l’Autorité de la concurrence, dans son avis, semblent rentrer dans le cadre des actions prohibées par l’article L420-1 du code du commerce