Souvent un croquis vaut mieux qu’un long discours c’est pour cela que nous vous proposons cette frise chronologique concernant la distribution des carburants en Corse.

❓Les carburants ont-ils toujours été plus chers en Corse ?
❌La réponse est non !

Jusqu’en 1985, les prix étaient en France réglementés. Comme en Corse, les carburants bénéficiaient d’une TVA réduite, mathématiquement les prix y étaient plus faibles.
D’ailleurs, les plus anciens d’entre nous s’en souviennent.
Il y avait 162 stations-service contre environ 135 aujourd’hui. Et 6 grossistes contre 3 aujourd’hui. Ce qui veut dire que des prix réglementés ne gênaient pas la concurrence.
C’est à partir de 1985, c’est-à-dire de la dérèglementation que les dérapages sont apparus. Dès 1986, l’union des consommateurs de Haute Corse a alerté le conseil de la concurrence. Ce dernier a prononcé de lourdes sanctions pour des ententes illicites en 1989. Cependant, après cela, aucun mécanisme de contrôle n’a été mis en place pour éviter de futurs dérapages.

❓La grande distribution commercialisera-t-elle des carburants en Corse ?
❌La réponse est non !

Il est vrai qu’à partir de 1985, sur le continent, le marché a été régulé non plus par l’Etat mais pas la grande distribution qui pratiquait des prix bas pour faire du carburant un produit d’appel.

Il a fallu attendre 1981 pour voir la grande distribution se lancer dans la vente de carburant c’est-à-dire quand l’Etat a élargi l’octroi de licences d’importation de carburant. Cela lui permettait de s’approvisionner directement sur les marchés.
Les grandes surface pour proposer de grands parkings à leurs clients se sont installées au milieu de nulle part. Exemple les milles près d’Aix en Provence. Pour attirer les clients, faire des carburants un produit d’appel était une opportunité qui a été saisie dès la déreglementation en 1985.

En Corse, le monopole en amont de la vente au détail des carburants, c’est-à-dire au niveau du stockage rend impossible la vente des carburants dans les grandes surfaces. Comme sur l’île de la Réunion.

De plus, chez nous, les enseignes sont installées dans les grandes agglomérations, elles n’ont donc pas besoin de faire des carburants un produit d’appel pour attirer du monde.
On le voit bien les prix des carburants en Corse ne relèvent pas d’une fatalité. Il fut une période où ils y étaient les moins chers de France. Cela n’a rien à voir avec le fait que la Corse soit une montagne dans la mer aux routes sinueuses.

On ne connait que deux types de marché : le marché régulé et le marché libre.
Réguler les prix comme dans les DOM est compliqué mais cela apparait l’unique solution de permettre d’avoir des prix en adéquation avec la réalité sociale et économique de notre île.

Il convient aussi, puisque nous sommes un territoire métropolitain, d’exiger le principe d’égalité. C’est-à-dire soit de bénéficier du SP95 E10 et du E85 tous deux plus économiques, soit de ne pas être sanctionnés par des taxes plus lourdes pour un choix de carburants que nous n’avons pas.