Nous avons appris, il y quelques jours par voie de presse, que sans accord avec les organisations patronales la prime de trajet risque de disparaitre début 2020.

Cette prime mise en place en 2009 concerne tous les salariés du secteur privé travaillant dans les entreprises qui sont affiliées aux signataires de l’accord.
Ceux qui utilisent leur véhicule personnel sont indemnisés sur présentation des justificatifs (carte grise du véhicule ou contrat de location) suivant le barème suivant :
distance entre le domicile et le lieu de travail ::

  • de 500 mètres à 5 kms: 18 euros par mois (plafond annuel 180 euros),
  • distance de 5 à 20 kms : 20 euros par mois (plafond annuel 200 euros),
  • distance supérieure à 20 kms : 22 euros par mois (plafond annuel 220 euros)

Son montant moyen est estimé à 200 euros par an et elle concerne des milliers de salariés. Sa valeur moyenne peut paraitre dérisoire. Mais dans une île frappée par la pauvreté, dans une île qui connait de plus en plus le phénomène du travailleur pauvre, ces 200 euros sont très importants

Les syndicats veulent sa prorogation mais également son augmentation. A ce sujet, les représentants de la CGT ont déclaré « Les prix prohibitifs des carburants grèvent lourdement les budgets des travailleurs. Les syndicats de salariés demandaient qu’après 10 années, il était plus que temps de réévaluer le montant pour le porter à 300 euros »
Et, l’on voit poindre la problématique de la cherté des carburants. En effet, selon une étude de l’INSEE de Corse, réalisée en 2015, la dépense moyenne annuelle des ménages insulaires est de 1000 euros quand elle est, au niveau national de 700 euros.
Or, depuis 2014, les dividendes cumulés de Total corse, Vito corse et des dépôts pétroliers de la Corse (DPLC) augmentent à un rythme moyen de 25% par an.
Nous savons la fragilité du tissu économique insulaire. Ce qui amène la question suivante:

Va-t-on demander aux entreprises insulaires par le biais de la prime de trajet de participer à la prise de dividendes des acteurs de la distribution ?

Il serait temps que l’on privilégie, en Corse, des solutions pérennes à des compensations dont l’efficacité n’est que très limitée dans le temps…