Hier, 17 juillet 2019, Monsieur Vincent Perfettini, le directeur général de Vito Corse, est intervenu dans un reportage sur France 3 Corse en réponse à notre rapport sur la cherté de carburants

Notons, même si la réciproque n’est pas forcément vraie, que nous faisons la distinction entre l’homme et la fonction.
C’est avec le directeur général de Vito Corse que nous sommes en désaccord.
L’homme, on ne le connait pas donc on se garde bien de le juger et ce n’est pas le sujet.

Pour le directeur général de Vito Corse, donc, « nos chiffres ne sont pas sérieux ». Tiens c’est curieux ça !
Non parce que le problème c’est que nos chiffres sont directement tirés des bilans de VIto Corse et de DPLC. Donc à moins que les bilans ne soient pas sérieux…
Mais, il évoque, peut être, nos comparaisons avec le réseau traditionnel des Bouches du Rhône.
C’est également embêtant parce que cette comparaison est faite avec les chiffres communiqués par les stations-service sur le site de la DGCCRF dont l’accès est public.
Ou alors doute-t-il du nombre de ménages en situation de vulnérabilité énergétique pour leurs dépenses de carburant. C’est toujours embêtant car ce sont les données de l’iNSEE Corse !

Mais peut être voulait il dire que ce qui n’est pas sérieux c’est tout simplement de critiquer le positionnement stratégique de Rubis.
C’est parce qu’il ne trouve pas cela sérieux qu’il a eu, sans doute, autre chose de mieux à faire que de participer aux réunions organisées par l’assemblée de Corse, l’exécutif de Corse et le CESEC.
En effet, sur 4 réunions de deux heures chacune, il n’en a participé à … aucune
A titre de comparaison, Monsieur Gabriel Nesa, directeur adjoint de Total Corse, a assisté à la majorité des réunions.
Quant à Monsieur Henri Ferrandi, patron du groupe Ferrandi, il a assisté à toutes les réunions.

Donc, selon le directeur général de Vito Corse, les dividendes ne seraient pas la question!
En fait Rubis c’est un peu « cachons ces dividendes que vous ne sauriez voir ».
D’ailleurs, pour cela il est assez pratique d’enfreindre la loi en ne publiant pas les bilans annuels
(pour rappel, nous avons dû mettre la pression sur DPLC pour que Rubis consente à se plier à la loi en publiant fin 2018 les bilans des exercices 2010 à 2017 !)

Non une politique qui vise à accroître les dividendes de manière exponentielle ne révèle absolument pas une volonté de presser comme une orange un marché de niche.
Voyons, c’est évident ! Il faut un sacré manque de sérieux pour ne pas l’admettre

Pour le directeur général de Vito, c’est la fiscalité qui est responsable de la cherté des carburants en Corse.
Ah! Mais alors ?! Puisque la fiscalité est déjà plus allégée en Corse que sur le continent, nous avons, donc, des prix plus bas !
Ah ben non… c’est au contraire l’inverse et pourtant cet allègement représente une trentaine de millions d’euros par an !!

Et, le voila qui en vient à citer la Réunion. Cela ne nous intéresse pas clame-t-il !
Bien au contraire, on s’est même intéressé à l’avis de l’autorité de la concurrence concernant le rachat des dépôts pétroliers de la Réunion (SRPP) par Rubis.
Figurez vous que, là-bas, pour racheter les dépôts pétroliers, Rubis a dû prendre des engagements devant l’Autorité de la concurrence.
Bon, même si,selon nos amis Réunionnais, le respect de ces engagements n’est pas très… sérieux !
En revanche, Rubis n’a pas eu besoin de prendre des engagements lors du rachat des dépôts pétroliers en Corse puisqu’ils ont interrogé l’Autorité de la concurrence pour une prise de participation minoritaire (35.5%).
Et, sitôt l’avis positif rendu, Rubis s’est empressé d’acheter les parts d’ESSO devenant ainsi actionnaire majoritaire avec 53.5%! Bien entendu, sans rien demander à l’Autorité de la concurrence.

Mais pourquoi cite t il la Réunion ?
Ah oui ! « La marge de distribution est plus importante qu’en Corse » et pourtant, grâce à une fiscalité réduite, les prix y sont plus faibles qu’en France et donc qu’en Corse !

La marge de distribution est plus importante à la Réunion ? Raté !
Il faut savoir que pour l’union française des industries pétrolières (UFIP) – oh ! encore des gens pas très « sérieux » – le prix des carburants se décompose en 3 postes :
Le prix d’achat en sortie de raffinerie
La TICPE
La marge (brute) de distribution qui intègre l’ensemble des coûts sauf la TICPE et le prix d’achat en sortie de raffinerie.

Selon l’analyse comparée, sur le gazole, réalisée début juin par Patrice Salini la marge distribution était de 23 c€/l à la Réunion quand elle était de 35c€/l en Corse. En Corse, la marge de distribution c’est 11 c€/l de plus qu’à la Réunion , une bagatelle !

Mais, qui est Patrice Salini ?
Oh ! Juste une autre personne peu « sérieuse » qui, en matière, de transport a un CV long comme le bras et qui est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.

Quant à la fiscalité allégée à la Réunion, c’est vrai.
Mais, ce que le directeur général de Vito Corse omet de préciser, le petit coquin, c’est que comme les prix sont réglementés et la transparence imposée, cet allègement bénéficie aux seuls usagers et aucunement aux dividendes des compagnies pétrolières.
Nous vous laissons deviner ce qui se passerait si la fiscalité était encore plus allégée, qu’elle ne l’est déjà, en Corse sans réglementation et sans transparence !
Mais, jackpot pour Rubis !! Beaucoup pour leurs dividendes et un peu pour nous, usagers !

Les seules personnes qui à ses yeux sont des « experts » sont, donc, celles qui lui donnent raison.
C’est pour cela que nous sommes fiers d’être qualifiés de « peu sérieux ».
Quant à nos études, effectivement, elles n’ont pas été financées par de « l’argent public », elles vous ont, donc, coûté, à vous, contribuables, 0 euro !
Et, ça aussi nous en sommes fiers !