On entend énormément parler en ce moment des plans de revitalisation des centres-villes. D’ailleurs, l’un des points qui seront abordés par le Premier Ministre Édouard Philippe lors de sa visite en Corse

La ville de Bastia s’est enorgueillie de sa nomination comme ville moyenne lauréate du dispositif national dédié à la revitalisation des centres-villes « Action cœur de ville »

La zone de chalandise du centre ville de Bastia, c’est-à-dire l’aire sur laquelle se trouvent ses clients potentiels, est, cela n’étonnera personne, le périurbain bastiais.

Or, nous avons vu, dans l’étude publiée en 2015 par l’INSEE, portant sur l’année 2008, la dépense moyenne annuelle de carburant d’un ménage disposant d’au moins un véhicule et vivant dans le périurbain bastiais (hors Bastia) était de 1 685 euros.
https://a4c.home.blog/…/au-nom-de-nos-jeunes-de-nos-ancien…/

Entre 2008 et 2019, le prix au litre du gazole a augmenté de 13.1 %et celui du SP95 de 15.4%

En 2008, la dépense moyenne nationale annuelle d’un ménage disposant d’au moins un véhicule était de 700 €.
Le surcoût moyen de dépense annuelle de carburant pour le ménage du périurbain bastiais (hors Bastia) était de 985 euros soit 82 € par mois.

Le périurbain bastiais (hors Bastia) regroupe 49 communes et représente 20 913 ménages disposant d’au moins un véhicule.
Cela veut dire que le surcout moyen de la dépense annuelle représente, en cumulé, 20.6 millions d’euros.
20.6 millions d’euros de manque à gagner, sur une seule année, pour le territoire et notamment le centre ville de Bastia.

A titre de comparaison, l’Etat dans le cadre du dispositif « Action cœur de ville » a investi dans le centre-ville de Bastia, en 2018, 1.75 million d’euros.
Soit, près de 12 fois moins que le manque à gagner lié à la cherté des carburants.

Au travers de ce petit exemple, les commerçants du centre ville de Bastia peuvent mesurer à quel point la cherté des carburants les pénalise, impactant, au passage, leur capacité d’embauches !
Sinon, nous pouvons insister sur le fait que les dividendes des compagnies pétrolières ont cru entre 2012 et 2017, en Corse, de 280% pour s’établir à 10.7 millions en 2017.