Il nous a été proposé, lors de cette visite, de rencontrer des « conseillers ». Si nous l’avions fait lors de la visite du Président de la République, nous avons, cette fois, décliné la proposition.
Pourquoi ?
Parce que nous avons déjà expliqué notre travail devant des «conseillers » et que nous n’avons eu aucun retour.
Parce que nous n’avons pas besoin que l’on « flatte » notre importance avec des « conseillers » dont le job est de faire mine de nous écouter.
Et, surtout, parce que nous estimons que, cette fois, nous n’avons pas à parler mais à écouter. Ecouter enfin les tenants et aboutissants du rapport commandité à la DGCRRF sur la distribution des carburants en Corse.

A toutes fins utiles, nous vous rappelons que le service de communication de la préfecture a déclaré, en mai, que « le rapport demandé par la DGCCRF a été rendu et fera l’objet d’un premier examen lors d’une venue de Mme Gourault prévue avant la fin du mois (NDLR : mai) » (édition du Corse Matin du 10 mai 2019).

Cela serait une faute politique si le gouvernement, lors de cette visite, n’évoquait pas ce rapport.
Qu’on soit né sur cette île, qu’on ait décidé d’y rester ou d’y revenir, ou, tout simplement, de s’y installer, on ne peut pas vivre sous le joug économique de sociétés.
Des sociétés qui ont opté pour une politique outrancière de dividendes en pressant comme de vulgaires oranges, une population qui dont la seule faute serait de vivre sur une île considérée comme un marché de niche.
La Corse et ses habitants méritent bien mieux!
La cherté des carburants est socialement dramatique pour une population déjà frappée par un fort taux de pauvreté, de précarité et de chômage.
La cherté des carburants impacte négativement une économie, déjà fragile, avec un manque à gagner de l’ordre de 30 millions d’euros par an.

Nous disons, également, aux élus qui vont rencontrer le Premier Ministre que cela serait une faute politique que de ne pas demander, avec insistance, la divulgation de ce rapport.
Ces élus, dont la légitimité des urnes est incontestable, que cela soit au niveau communal ou régional, ont un devoir d’assistance envers une population en situation de vulnérabilité énergétique pour leurs dépenses de carburants (NDLR : plus de 32 000 ménages).

Il est vrai qu’en Corse, il a été pris comme habitude de voir, à l’instar des effets de mode, les revendications s’estomper avec le temps. Un temps souvent gagné par des effets d’annonces.
Madame la Préfète, que nous avions rencontrée le 27 novembre 2018, s’était engagée à nous tenir informés de l’évolution de l’enquête commanditée. Il n’en a rien été.
Nos courriels des 2 et 17 mai 2019 sont restés sans réponse.
Mais nous sommes déterminés à ne rien lâcher.
Nous puisons notre détermination dans le travail accompli. En effet, nous ne nous sommes pas contentés de porter des revendications, dans l’air du temps, en attendant, la bouche en cœur, des solutions tombées du ciel.
Nous avons décortiqué la distribution des carburants en Corse à un niveau jamais atteint.

Nous voulons croire en une nouvelle ère dans laquelle le travail permet de régler des problèmes dont la résolution relève de l’intérêt général !
Mais si la seule solution que l’on nous propose, c’est de détourner les yeux pour ignorer le problème.
Alors, démonstration nous sera faite que c’est uniquement en mettant la pagaille que les choses peuvent changer. Et, c’est avec détermination (la même que celle avec laquelle nous avons travaillé) que nous nous appliquerons à la mettre !