Nous venons d’apprendre que l’Autorité de la concurrence a été saisie par le ministère de l’économie depuis le…. 18 février 2019! A cette occasion, faisons le point sur nos échanges avec les services de l’Etat.
Ils ont commencé par une lettre au ministre de l’économie Bruno Le Maire.
Cette lettre faisait suite à sa venue en juin 2018 au cours de laquelle il s’était ému du prix des carburants tout en remarquant que la grande de distribution ne les commercialisait pas.
Nous avons tenté de lui expliquer plus en détail la problématique de la cherté des carburants, ses conséquences. Mais, surtout, le prévenir que la grande distribution ne saurait être une solution.
En effet, il suffit de regarder dans les DOM où, justement, la grande distribution ne commercialise pas de carburant.
Pourquoi ? En raison du monopole en amont de la distribution, tout comme en Corse !

Peine perdue, puisque, lorsque le ministre est revenu, en octobre, il a dégainé un rapport de l’inspection générale des finances (IGF) qui, sur les carburants, préconise d’identifier les mécanismes de blocage qui empêche la grande distribution à commercialiser les carburants…

Puis, fort de notre pétition de plus de 5 000 signatures et du travail que nous avions fait sur le sujet, nous avons rencontré Mme la Préfète le 27 novembre 2018. A cette occasion, elle s’est engagée à missionner, sans tarder, la Direction Régionale du Contrôle de la Concurrence et de la Répression des Fraudes (DRCCRF) pour enquêter sur la distribution des carburants en Corse.

C’est ainsi, que le 14 décembre, à notre demande, nous avons été entendus par la DIRRECTE de Corse afin d’exposer notre travail et mettre en avant toutes les interrogations et zones d’ombre.

Puis, le 27 janvier 2019, le député Jean-Jacques Ferrara a interrogé le gouvernement, lors d’une séance de l’assemblée nationale, au sujet du prix des carburants.
Jacqueline Gourault, ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire, a bien confirmé l’enquête en cours.
Cependant, elle a, également, précisé « Nous avons une réponse à vous apporter ». Ce qui apparait très étonnant puisque, justement, l’enquête n’avait pas encore conclus.
Puis, elle a ajouté un très mystérieux « mais je ne l’ai pas en ma possession ».
Le coup de la réponse « égarée » est une première.
Surtout que la facture de plus en plus lourde payée par la Corse, elle, ne s’égare pas !

Dans son édition du 10 mai 2019, Corse Matin nous apprend que le service de communication de la préfecture assure que « le rapport demandé par la DGCCRF a été rendu et fera l’objet d’un premier examen lors d’une venue de Mme Gourault prévue avant la fin du mois (NDLR : mai) »
Reste à espérer que Mme Gourault ne l’égare pas comme la fameuse réponse qu’elle ne semble pas avoir retrouvée depuis le mois de janvier …
Pour le moment, c’est surtout son billet d’avion pour venir qu’elle semble avoir perdu !

Le 11 juin tombe la réponse à la question écrite du député Paul André Colombani le 11 décembre. 6 mois pour obtenir une réponse tout simplement ahurissante.
Cette réponse a été apportée par le ministère de la transition écologique et solidaire qui intervient pour la première fois sur ce sujet pour la Corse !
Elle ne tient absolument pas compte du rapport de la DGCCRF, pourtant rendu et se contente de faire le service après vente des mesures prises par le gouvernement comme la prime à la conversion et le bonus écologique.
Messieurs, Mesdames vous n’avez pas assez d’argent pour faire le plein ? Et bien, achetez vous une nouvelle voiture !

Mais, le meilleur pour la fin ! Nous venons d’apprendre, d’une source fiable, que le ministère de l’économie et des finances a saisi en février 2019 l’autorité de la concurrence !
Vous lisez bien ! L’autorité de la concurrence a été saisie !
Une saisine qui n’a, pourtant, jamais été rendue publique (on se demande bien pourquoi) et que les services de l’Etat en Corse semblaient ignorer !
Le problème c’est que l’autorité de la concurrence n’aurait pas le rapport établi par la DGCCRF qui a pourtant, nous le répétons, été rendu. Elle ne disposerait que du rapport de l’IGF. Celui qui préconise de comprendre ce que tout le monde sait depuis fort longtemps !

Vous l’avez compris, tout ceci ressemble à un sacré foutoir !
Pendant ce temps 32 000 ménages sont en situation de vulnérabilité par rapport à leurs dépenses de carburant et plus particulièrement les retraités et les plus jeunes.
Pendant ce temps, la cherté des carburants, malgré une fiscalité qui permet d’économiser 8 à 9 c€/l, coûte à l’économie insulaire aux environs de 30 millions d’euros par an.

En effet, les effets d’annonce non suivis des faits, en Corse on connait ça !
En 2006, le préfet de Corse, Pierre-René Lemas avait décidé de prendre le taureau par les cornes. Il avait réuni, en février 2006, tous les représentants de la filière afin de faire le point sur une étude réalisée dans une vingtaine de stations-service par les services de la Répression des fraudes
Le représentant de l’Etat avait expliqué « Notre idée est de voir pourquoi le prix à la pompe est plus élevé et quelles sont les marges d’amélioration. Des groupes vont travailler sur l’ensemble du coût. Un nouveau rendez-vous est prévu en juin pour faire des propositions collectives de modernisation. »
Mais, dès la fin du mois de février, Pierre René-Lemas a été nommé préfet de Lorraine emportant dans ses valises la volonté de l’Etat de faire bouger les choses.

Nous espérons très sincèrement que le Premier Ministre, lors de sa venue en Corse les 4 et 5 juillet, parlera un peu plus aux habitants de l’île et un peu moins aux téléspectateurs des chaines d’info en continu en évoquant, enfin, ce fameux rapport de la DGCCRF sur la distribution des carburants en Corse.

Le cas échéant, les représentants feront l’éclatante démonstration de leur incapacité à protéger la population des abus de ceux qui exploitent sans scrupule une situation de rente !