Il y a des premières places dont on aimerait se passer. Ainsi, une étude de l’INSEE de 2015 sur le taux de vulnérabilité des ménages pour leurs dépenses de carburant* place la Corse au 1er rang des régions Française malgré une fiscalité avantageuse.

Voila ce que cela donne en 2008 cette étude :

28 % des ménages corses – soit près de 36 000 – sont en situation de vulnérabilité énergétique pour leurs dépenses de carburant, contre 10,2 % au niveau national

Parmi les 10 % de ménages aux revenus les plus faibles (appartenant au 1 décile, avec moins de 11 270 euros par an), 39 % sont en situation de vulnérabilité énergétique liée aux déplacements.

A  l’exception des cadres, toutes les catégories socioprofessionnelles comptent une part de ménages vulnérables supérieure à 30 %, elle atteint 60 % chez les agriculteurs

42% des moins de 30 ans sont vulnérables en matière de dépense de carburant

On estime que les ménages corses disposant d’un véhicule dépensent en moyenne annuelle 1000 euros pour leurs déplacements, soit quelques 300 euros de plus qu’en moyenne nationale

corse vulnérabilité des ménages déplacement

Le rural Corse

60% des ménages du rural insulaire- soit 28 800 – sont en situation de vulnérabilité énergétique pour leur dépense de carburant.

Ils dépensent en  moyenne sur l’année 1650 € soit  137,5 €/mois

70% des ménages contraints par des trajets domicile travail sont vulnérables.  Leur dépense moyenne annuelle est le double de celle de l’ensemble des ménages corses !

La dépense moyenne estimée des ménages ruraux ayant un véhicule excède de 13 % la moyenne régionale

45 % de la population des retraités vivant dans le rural sont vulnérables pour les dépenses liées aux déplacements

Les périphéries urbaines (Bastia et Ajaccio)

De nombreux ménages optent pour un habitat en dehors des pôles urbains pour des raisons financières, liées principalement au coût de l’immobilier et du foncier en ville, ou par choix d’une qualité de vie meilleure.

58 % des ménages de la périphérie urbaine bastiaise sont en situation de vulnérabilité énergétique pour leurs dépenses de carburant

Ils dépensent en moyenne sur l’année 1685 € soit 140€ par mois

44 % des ménages de la périphérie urbaine ajaccienne sont en situation de vulnérabilité énergétique pour leurs dépenses de carburant

Ils dépensent en moyenne sur l’année 1570 € soit 131 € par mois

En périphérie bastiaise, la dépense annuelle moyenne des ménages disposant d’un véhicule est estimée à 7 % de plus qu’en périphérie ajaccienne.

Pour les ménages contraints par des trajets domicile-travail, la dépense évaluée est également plus lourde dans le périurbain de Bastia:5% supérieure à celui d’Ajaccio.

Dans le rural et la périphérie des grands pôles urbains

60 % des ménages aux plus faibles revenus, 80 % des moins de 30 ans, les trois quarts des agriculteurs, employés et ouvriers, et plus de la moitié des célibataires sont en situation de vulnérabilité pour leurs déplacements

évolution 2008 2019

Toutes ces données datent de 2008. Or, entre la moyenne 2008 et la moyenne entre le 5 avril et le 5 mai 2019, le litre de gazole a augmenté de 13,1% et le litre de SP95 a augmenté de 14,1 %.

Cela ne fait qu’aggraver la situation des ménages insulaires en impactant directement leur pouvoir d’achat.

On a vu qu’en 2008 les ménages insulaire dépensaient sur l’année en moyenne 300 euros de plus que la moyenne nationale.

Sur 2008, on peut donc estimer un manque à gagner de l’ordre de 38,2 millions d’euros pour l’économie insulaire (il n’y a que le Medef corse pour trouver cela normal)

Un manque à gagner plus important en 2019 en raison de l’augmentation du prix des carburants.

Alors que dans certains endroits de Corse, 8 personnes de moins de 30 ans sur 10, 1 retraité sur 2, 6 ménages aux plus faibles revenus sur 10 sont en situation de vulnérabilité pour leurs déplacements, les dividendes des compagnies pétrolières croissent de manière astronomique.

Ces derniers ont augmenté de 280 % entre 2012 et 2017 passant de 2.8 à 10.7 millions d’euros.

On ne doit plus accepter ce fatalisme mortifère. La Corse n’est pas responsable de la cherté des carburants à cause de supposés surcoûts liés au fait qu’elle soit une île, à ses montagnes ou à ses routes sinueuses.

Car, comment, dans ce cas, expliquer que ces surcoûts puissent permettre une augmentation des dividendes de 280% en 6 ans !!

Cela fait maintenant presque un an que nous prouvons par de multiples analyses que la cherté des carburants est due à l’appétit vorace de certaines sociétés. Des sociétés qui ont décidé d’exploiter à outrance un marché de niche en pressant ses habitants comme de vulgaires citrons !

Nous devons mettre un terme à ce fatalisme trop répandu. Et, pour cela, rien de tel que de connaitre la situation.

Aidez nous à diffuser au plus grand nombre les articles de notre blog  (https://a4c.home.blog/ ) qui décryptent tout le mécanisme de la distribution des carburants en Corse et ses zones d’ombre !

Pour faire tomber un monopole, nous devons être solidaires ! Nous comptons sur vous !

* Un ménage dont le taux d’effort énergétique pour les dépenses de carburant est supérieur au seuil de 4.5%( soit un demi-mois ), qui est le double du taux d’effort médian des ménages en France métropolitaine, est considéré ici comme vulnérable.