Nous réclamions depuis des mois la publication des comptes annuels, c’est chose faite.

DPLC s’est soumis à la loi en publiant, il y a quelques jours, les comptes 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.

IL nous a, donc, fallu nous pencher sur les 240 pages de bilan représentant 8 années d’exercice.

Ce que nous pouvons vous dire, c’est que nous comprenons pourquoi DPLC a trainé à les publier. Dans un contexte de cherté des carburants, la non publication des comptes s’avérait pratique afin de ne pas heurter notre sensibilité devant une telle rentabilité.

Le chiffre d’affaires (CA):

Il a connu une croissance exceptionnelle. La crise? chez DPLC, on ne connait pas!

Entre la première année d’exploitation de l’ère rubis (2010) et 2017, il a cru de 20.46%.

évolution du CA et des bénfices de DPLC

La croissance est même encore plus spectaculaire si on compare le CA moyen des 3 derniers exercices de l’ère TOTAL avec le CA 2017, la croissance est de 58.2%.

D’ailleurs si on compare le ration CA par m 3 de stockage avec d’autres dépôts appartenant à Rubis Terminal, c’est DPLC qui a, de très loin, le meilleur ratio

comparaison CA et résultat moyen par m3 de stockage.

Les bénéfices :

Ils ont explosé. Entre la première année d’exploitation de l’ère rubis (2010) et 2017, il a cru de 100.07%. (Photo 1).

L’explosion des bénéfices est même encore plus spectaculaire si on compare le bénéfice moyen des 3 derniers exercices de l’ère TOTAL avec le CA 2017 : 1242.5%

En 2017, le bénéfice représente 30% du CA, c’est un ratio spectaculaire. Mais, il n’est pas hors norme par rapport aux autres dépôts gérés par Rubis Terminal.

En revanche,  pour le ratio  bénéfices par  m 3 de stockage, c’est encore DPLC qui écrase ces autres dépôts. Cf photo ci dessus

DPLC, c’est, donc, en 2017, 12 salariés pour un CA de 10 500 000 € et des bénéfices de 3 340 000 € ! Un mot, un seul : spectaculaire !

Les dividendes :

De 2005 à 2009, avant Rubis, il n’y a eu aucun dividende de distribuer.

Entre 2010 et 2017, ces derniers ont augmenté de manière considérable : + 245.5% passant ainsi de 990 000 € en 2010 à 3 420 000 € en 2017.

Entre 2010 et 2017, les actionnaires se sont redistribué la bagatelle de 16 279 619 € pour des bénéfices cumulés de 20 316 732,50 €

Dividendes DPLC.jpg

Les dividendes représentent en moyenne 78/52% des bénéfices générés par l’entreprise. En 2017, ils ont même représenté 102.4% des bénéfices.

Les investissements :

On se souvient de la déclaration de Didier Clot, directeur de DPLC, dans le Corse Matin (édition du 29 octobre 2018) : «  nous avons gagné 20 millions d’euros depuis 2010 et nous avons investi 18.5 millions d’euros »

Laissant entendre qu’une grande partie des bénéfices avait été réinvestie. Ce qui est faux puisque la presque totalité des bénéfices a été convertie en dividende.

Les investissements se retrouvent dans les actifs dans les immobilisations corporelles. Et, il suffit de comparer les montants bruts (hors amortissement) d’une année sur l’autre pour mesurer l’investissement.

Ces immobilisations corporelles sont principalement portées par le poste : « Installations techniques, matériel, outillage ». Le détail de ce poste n’est pas donné, on n’en saura pas plus.

Ce que l’on peut dire c’est qu’il ne s’agit pas d’investissements afin d’avoir des cuves de stockage en rapport avec la consommation insulaire. Ce qui permettrait de réduire les allers-retours des pétroliers et donc de réduire les coûts.

Il ne s’agit pas non plus d’investissements destinés à doter les dépôts d’un second oléoduc afin de permettre l’approvisionnement en biocarburants moins taxés et permettant d’avoir une TGAP minorée.

A quoi bon ? Tous les surcoûts sont, de toute façon, répercutés sur le prix à la pompe.

En revanche, de 2010 à 2017, le montant brut des immobilisations a cru en moyenne de 2 225 651 € par an. Soit un total de 17 805 211 €.

investissement dans DPLC.jpg

Cependant, à titre de comparaison, entre 2007 et 2009, avant l’arrivée de Rubis, la valeur brute des immobilisations a augmenté en moyenne de 2 358 971 € soit légèrement plus.

Cela veut dire qu’avant Rubis, les investissements se faisaient dans les mêmes proportions.

En revanche, il est utile de préciser que ce n’est pas avec les bénéfices que ces investissements ont été réalisés. En effet, la presque totalité des bénéfices sont redistribués en dividende.

Ce n’est pas non plus par des apports de Rubis Terminal. Cela n’apparaît pas dans les bilans.

Non, ces investissements sont financés  par les dettes fournisseurs (le crédit accordé par le fournisseur), l’emprunt (7 250 000 souscrits entre 2010 et 2017), les avances sur factures et le reliquat de bénéfices qui restent après les dividendes (4 037 000 € entre 2010 et 2017).

En d’autres termes, Rubis Terminal a investi  0 € et a empoché 53.5%( sa participation dans DPLC) des dividendes  soit 8 700 000 euros. L’autre partie étant partagée entre Total (25%) et  Euro Garages (BP) (21.5%).

A noter que fin 2017, Rubis a racheté la participation de Euro Garages (BP). La société empochera dorénavant 75% des dividendes.

Il est certain que la gestion DPLC n’explique pas à elle-seule la différence de prix avec le Continent. Mais, les dépôts pétroliers ont un rôle central et stratégique dans la distribution des carburants en Corse.   Et, comprendre ce qui s’y passe permet d’appréhender la politique néfaste de Rubis vis-à-vis de la cherté des carburants en Corse.