Branle-bas de combat chez Vito, on se met à communiquer à tout-va.

Et, pour la première grande interview du directeur général de Vito, depuis la création de notre collectif, autant vous dire que…. nous avons sorti nos kleenex !
C’est que nous avons pleuré ! Hier, nous faisions allusion à Vito Corleone, mais, après lecture de l’interview, si Calimero avait un prénom, ça serait Vito.
Ce que vit la filiale du groupe Rubis : « c’est vraiment trop injuste ! »

A la question « comment expliquez-vous ces prix ? », il se réfugie derrière les stations-service. Il évoque les propriétaires exploitants qui vivent de cette activité, leur nombre et le millier de familles qui dépendent de cette filière.
Il y une logique implacable et cynique dans l’argument. Sous couvert de les défendre, Monsieur Perfettini fait des stations-service les premières responsables des prix pratiqués, les exposant, ainsi, à la colère populaire.
Notons au passage que Vito Corse c’est un résultat 2017 de 1.7 millions d’euros pour… 8 salariés. Effectivement, pour le nombre de familles que fait vivre Vito Corse on repassera…

Il est indéniable que le réseau insulaire se distingue du réseau continental :
Alors que sur la France, il y a, environ, 0.28 stations-service pour mille véhicules en service. En corse, il y en a 0.65 pour mille véhicules.
De plus, sur le continent, on compte 1.85 salariés par station service. Or, en Corse, on dénombre 3.85 salariés par station service.

Les stations-service peuvent améliorer leur marge avec le prix pratiqué à la pompe, c’est vrai…
Mais aussi en négociant avec l’enseigne de distribution, notamment lors du renouvellement du contrat avec l’enseigne.
Or, c’est, justement, là que le bât blesse. En effet, si en 1991 la Corse comptait 6 pétroliers présents (Total, Elf-Antar, Esso, Shell, BP et Mobi), il n’y en a plus, aujourd’hui, que 3 (Rubis, Total et Esso). Parmi ces 3, Esso (groupe Ferrandi) est un petit acteur, Total est en situation de désengagement et Rubis installe son monopole. Pour négocier avec son fournisseur, on connait meilleure situation.

Conscient de cette situation, Monsieur Perfettini se permet deux petites contre vérités :

1) Il affirme que la concurrence entre les 3 opérateurs est vive et qu’ils essayent de se piquer des stations-service arrivant en fin de contrat. Ah oui ! Alors, nous voulons bien la liste des stations que Vito a perdues depuis son arrivée sur le marché insulaire !
2) Il affirme que ce sont les stations-service qui font le prix à la pompe. Mais, dans les contrats de commissionnaire, la marge de la station est fixe et actée contractuellement (jusqu’à 8c€ max/l). C’est l’enseigne de distribution qui fixe le prix à la pompe. La station-service ne peut jouer que sur sa faible marge pour baisser le prix affiché.

A ces contre vérités s’ajoute une dose certaine de mauvaise foi. Si, tour à tour, Shell, Esso et BP ont vendu leur part dans DPLC et que Total en a vendu une partie c’est que, selon lui, « la situation n’est pas aussi mirifique qu’on veut bien le laisser croire ».
Ah d’accord ! Et donc Rubis, que certains qualifient de pépite dans le monde de l’or noir, la pauvre petite société Rubis, rachète des actifs bidons dont personne ne voudrait plus ! Mais, bien sûr !
Nous croit-il, à ce point, bêtes pour penser qu’une entreprise ne se sépare d’une partie de ses actifs que s’ils ne valent plus rien !!
C’est bien parce qu’ils ont une valeur qu’elle trouve acheteur!!

Enfin, la comparaison avec la Réunion n’est pas piquée des vers !
Car si la fiscalité y est différente, l’Etat, suite aux grandes manifestations de 2009, a pris soin avec le décret Lurel de réglementer les prix à la pompe et les marges des pétroliers.
Ayant conscience de ne pas avoir des enfants de cœurs en face, l’Etat s’est appuyé sur ce décret pour être sûr de ne pas voir allègement de la fiscalité bénéficier uniquement à la marge des pétroliers. Et, c’est grâce à ce décret que les prix ont considérablement baissé.
Notons au passage que Rubis, fortement présent dans les DOM a accusé le député Victorin Lurel de jouer à l’apprenti sorcier et ne cesse de pester, depuis, contre ce décret.

En résumé, une pleine page d’interview, dans laquelle le Monsieur Corse de Vito tente de démontrer combien c’est dur, aussi, pour Vito!
Il ne comprend pas qu’on en veuille à Vito car, il le clame, Vito aime la Corse ! La preuve Rubis est venue… mais plus alléchée par l’odeur de l’argent que par amour de notre ile.
On lui aura, sans doute, menti à « l’insu de son plein gré »