La TGAP (La taxe générale sur les activités polluantes) a été instituée par la loi de finances pour 2005 afin de lutter contre l’émission de gaz à effet de serre et pour favoriser l’utilisation des biocarburants. Le taux de cette taxe, qui augmente progressivement chaque année, est diminué à proportion des volumes de biocarburants incorporés dans ces carburants
Ce sont les professionnels gérant la production, l’importation et/ou le stockage qui sont soumis à cette taxe afin de les inciter à distribuer du biocarburant.
Plus la distribution de biocarburant est importante moins cette taxe est élevée.
Or, en Corse, ces professionnels considèrent que les investissements seraient trop importants pour pouvoir importer et distribuer du biocarburant. Notons que nous ne disposons d’aucune étude prouvant leur affirmation.
Ainsi, ils se contentent de répercuter la taxe sur les consommateurs. Pour les pétroliers c’est donc une opération qui ne leur coûte strictement rien.
En revanche, le consommateur corse se trouve pénalisé non pas parce qu’il utilise le carburant le plus polluant mais parce qu’on ne lui permet pas le choix d’en utiliser un autre !

Par exemple, en 2012, la TGAP après application de la TVA est :
Pour le SP 95, 5.2 c€ par litre plus élevée en Corse que sur le continent
Pour le Gazole, 4.85 c€ par litre plus élevée en Corse que sur le continent

Mieux, en raison d’une fiscalité allégée, sur le continent le SP-95-E10 (biocarburant dont la Corse est privée) est vendu moins cher que le SP-95 qui est celui que nous consommons en Corse.

Le 16 octobre 2015, l’Assemblée Nationale a adopté un amendement au projet de loi de finances pour 2016 (PLF 2016) qui reporte au 1er janvier 2019 l’application de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) sur les carburants dans les départements d’outre-mer (Dom). Il s’agit du 4ème report depuis l’entrée en vigueur de la TGAP.
Voila la motivation de l’amendement :

« Or, à ce jour, il n’existe toujours pas d’unités de production de biocarburants dans les DOM. La taille des marchés locaux, tous inférieurs à 1 million d’habitants, est en effet, actuellement insuffisante pour assurer la viabilité économique de la production de biocarburants.
En l’absence de perspective actuelle de production de biocarburants sur leur territoire, les DOM seront donc systématiquement surtaxés, dans un contexte de grande sensibilité de la question des prix des carburants et de forte implication des pouvoirs publics pour éviter une évolution trop défavorable des prix à la pompe »
https://www.actu-environnement.com/…/news-25490-amendement-…

Si les pétroliers disent vrai (ce qui reste à démontrer), si les investissements pour importer et distribuer du biocarburant sont disproportionnés au regard du marché corse, les termes évoqués par l’amendement « marchés locaux inférieurs à 1 million d’habitants », « contexte de grande sensibilité de la question des prix du carburants » s’appliquent également à la Corse.

Pourtant, la TGAP ne s’applique pas dans les Dom mais bien en Corse. Et ce, alors que les prix sont déjà plus élevés.
Sur la base de la consommation de 2015, si la majoration de la TGAP en raison de la non-distribution de biocarburant n’était pas appliquée, ce sont 14.4 millions d’euros qui seraient injectés dans l’économie corse sur une année !

Manifestement, en Corse, nous parlons de plus en plus le dindon (celui de la farce)